Entretien avec Laurent Queige, directeur Welcome City Lab

Share:
Ascenseur Spatial

Pour cette première interview sur le blog, je voulais m’entretenir avec Elon Musk mais il n’avait pas trop le temps cet été. Il m’a dit qu’il avait quelques projets de boîte et quelques problèmes perso à gérer donc on la fera un peu plus tard… J’ai finalement décidé de discuter avec Laurent Queige, le directeur du Welcome City Lab à Paris, le premier incubateur de start-ups dédié au secteur du tourisme. Il venait justement de partager sur Twitter un article du Monde sur l’Intelligence Artificielle qu’il validait largement. Good timing.

Laurent Queige

Des big datas à l’intelligence artificielle

Ma première réflexion que je lui ai posée concerne les big & smart datas. Je lui présentais mon inquiétude face au possible plein pouvoir des gros acteurs de type GAFA & BATX demain dans le secteur du tourisme et le décalage toujours plus important avec nos OGD type offices de tourisme ou autres CRT. Laurent acquiesçait ma vision des choses en la nuançant néanmoins. « Je pense qu’on voit apparaître quelques avancées quand même avec des outils comme Flux Vision d’Orange par exemple mais il n’y a clairement pas assez d’outils techno de disponible ». Il enchaîne en pointant du doigt le fait que ce n’est pas qu’une problématique technologique ou technique… « En fait, il faudrait déjà que les organismes arrivent à faire remonter les informations du terrain, de leurs membres et ça ne demande pas forcément de grandes avancées technologiques, un simple questionnaire en ligne peut faire l’affaire. »

Après, Laurent souhaite aussi pointer du doigt ce qui sera un vrai enjeu majeur pour lui, celui des ressources humaines et des évolutions de compétences : « Quand je bossais à la Ville de Paris, on arrivait à avoir des lignes statistiques intéressantes avec le CRT Île-de-France. Or, pas manque de compétences dans les services, on avait parfois des contresens sur l’interprétation des résultats. » Selon lui, l’importance dans l’avenir en matière de Datas ne sera pas d’avoir la dernière innovation possible mais bien d’avoir les compétences et surtout l’appropriation à la fois par les salariés et par les cibles. C’est bien dans ce cadre-là que l’Homme, à travers une certaine intelligence collective, ne pas être dépassé par les robots… « Il est clair que l’Etat ou encore la jeune Confédération des Acteurs du Tourisme vont devoir prendre en considération cette évolution des compétences nécessaires pour les professionnels du tourisme ».

Concernant l’Intelligence Artificielle, je demandais à Laurent s’il se sentait plus proche d’Elon Musk ou de Mark Zuckerberg pour rebondir sur la brouille qu’ils avaient eu récemment sur Twitter à propose de l’avenir de l’IA. Aucun des deux finalement pour lui. Laurent se rapproche plus justement de l’article récent du Monde qui pose, selon lui, parfaitement les choses de manière mesurée. Il valide l’inquiétude sur l’emploi et les compétences comme on l’a vu précédemment mais aussi les enjeux d’éthique et de responsabilité des entités demain autonomes.

 

Le potentiel dans l’avenir de la mobilité touristique

Forcément, on en est venu à parler des enjeux de la mobilité dans l’avenir. Et là, Laurent pense comme moi que le potentiel est assez incroyable pour le secteur du tourisme ! « Les véhicules autonomes et connectés ont un potentiel énorme dans notre secteur mais qui va vite poser des questions de la responsabilité en cas d’accident. Au Welcome City Lab, on incube Navya, une start-up qui créé des navettes autonomes électriques pour le secteur. » Ces navettes sont pour l’instant dédiés à des environnements clos mais Laurent m’avoue que les fondateurs se posent déjà des questions sur la responsabilité en cas d’accident… sûrement pour sortir rapidement des parcs d’attraction ou autre espace de Congrès.

On a bien sûr aussi longuement échangé sur Hyperloop qui va révolutionner la mobilité internationale pour Laurent. « C’est clair que ça va faire une sacrée concurrence aux acteurs traditionnels… et on parle de 2021-2022, c’est demain ! ».

Des robots de partout !

« L’autre énorme avenir que je vois, ce sont les robots pour notre secteur ! ». Il me conseille de regarder ce qui se fait en Corée et au Japon où les entreprises sont bien en avance sur ces sujets avec des expérimentations concrètes dans des hôtels ou des lieux culturels. « Moi, je n’ai pas d’apriori face aux robots. Il y a un an, j’étais invité pour l’inauguration du lieu du Design à Paris et j’ai été accueilli par un robot avec qui j’ai vraiment dialogué. Il ne me répondait pas de manière formatée ! C’était assez dingue. » Il pense que, comme pour toute innovation de rupture, il y aura le concept de Vallée de l’Etrange ou Uncanny Valley en anglais que l’on devra passer avant d’accepter totalement ces robots dans nos vies. Après que les Early Adopters aient trouvé ça cool, la chose va se démocratiser d’elle-même selon lui. « Dans tous les cas, les besoins sont énormes en France pour l’accueil dans les aéroports, dans les gares ou sur les aires d’autoroutes où on entend souvent des plaintes de touristes… Les humains comptent trop chers alors on pourrait mettre des robots ! »

Au sein du Welcome City Lab, Laurent sent vraiment une différence sur ces 2 dernières années. Il n’y a pas forcément de start-up dédiée à ce sujet mais les demandes d’informations sont de plus en plus importantes. Un signal faible intéressant pour l’avenir ?

Côté ChatBot, Laurent m’avoue que le Welcome City Lab incube une boîte qui explose actuellement, DestyGo. « Une des plus belles boîtes chez nous depuis 4 ans ! ». Ils accompagnent des collectivités, des grands comptes et des opérateurs dans le tourisme d’affaire. « Ils ont levé 1 million d’euros et ils préparent un nouveau tour de table plus important pour bientôt » lance-t-il.

 

Les vacances de Laurent Queige en 2035…

Enfin, pour terminer cet échange, je lui demande d’imaginer ces vacances en 2035. Pour lui, pas de doute, ce qui le ferait rêver, c’est de dormir dans l’espace.  « Avec le lancement de nano-satellite privé, le tourisme spatial va devenir une réalité, j’en suis sûr ! J’adorerais séjourner dans un resort qui tourne autour de la Terre, ce serait une expérience incroyable ! ». Il faudra juste que le tourisme spatial soit assez développé pour qu’il devienne relativement accessible financièrement…

Des innovations touristiques pour votre territoire ? ID-Tourism s’occupe de réaliser des études prospectives

 

Share:

Leave a reply