Hyperloop: Où en est-on? Quels potentiels pour le tourisme?

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Capsule Hyperloop One

Hyperloop, ce fameux projet initié par le fantasque et génial entrepreneur Elon Musk (Tesla, Space X entre autres), apparaît de plus en plus dans la presse ici et là ces dernières semaines. Pourquoi ? Où en est-on concrètement ? Ce moyen de transport futuriste qui nous promettait de faire un Paris – Marseille en 30 minutes pour 15€ à plus de 1200 km/h avec un impact carbone proche de zéro. Une révolution pour la mobilité et, bien entendu, pour le secteur du tourisme, qui serait logiquement impacter dans le futur par les contraintes carbone liées au changement climatique. En m’appuyant sur tous les derniers articles, je vous propose un rappel du projet et un tour d’horizon de l’agenda et des impacts potentiels pour notre secteur.

 

Hyperloop : la génèse du projet

Déjà, il faut savoir que le début de l’histoire d’Hyperloop, c’est bien à l’origine Elon Musk. Il l’évoque en effet en 2013 dans un rapport détaillé de 57 pages en mode open source avec l’aide de ses ingénieurs de ses 2 sociétés Tesla & SpaceX. Il annonçait alors qu’il aimerait bien développer le projet lui-même mais bon, il n’a pas trop le temps avec toutes ses activités entrepreneuriales… Vous lirez sa biographie pour comprendre qu’Elon Musk est plutôt hyperactif dans le genre. Et cette hyperactivité a encore été démontré il y a quelques jours dans Bloomberg qui annonçait que le milliardaire planchait sur la création d’un réseau de tunnels sous les grandes villes afin de réduire les embouteillages… Il ne suffit de pas grand-chose pour faire le lien avec la possibilité pour lui de déployer sa propre idée de départ étant donné que la société SpaceX possède un droit d’utilisation de la marque « Hyperloop ». A suivre donc…

Les entreprises lancées sur Hyperloop

Aujourd’hui, on retrouve 2 boîtes actuellement qui sont assez avancés dans leur projet.

D’un côté, on a Hyperloop Transportation Technologies lancé par Dirk Ahlborn. Eux ne sont pas forcément focus sur les USA mais plutôt sur… l’Europe centrale. Ils imaginent des trajets entre Bratislava, Vienne, Budapest avec un potentiel de 10 millions de passagers annuels, ce qui pourrait devenir un sacré concurrent des acteurs aériens low-cost et de sacrées perspectives de déploiement dans toute l’Europe ! C’est cette entreprise qui a créé une antenne à Toulouse, vous en avez peut-être entendu parler. C’est en fait leur centre de recherche européen ce qui montre bien leur volonté de développer en premier lieu ce continent.

De l’autre côté, on a vu apparaître en 2014 Hyperloop Technologies qui est devenu aujourd’hui Hyperloop One, développé par Shervin Pishevar. C’est eux qui font des tests dans le désert du Nevada. Du côté des négociations commerciales, cette entreprise a aussi avancé avec des accords pris avec les Emirats Arabes Unis (pour relier Dubaï à Abu Dhabi) et avec la Russie.

 

 

Les dernières avancées

Le second projet, Hyperloop One, fait pas mal parler de lui ces derniers temps. Le nouveau cap a été franchi début août avec une vitesse de 309 km/h. Surtout, c’est le premier test à utiliser une navette complète, composée d’aluminium et de fibre de carbone et d’une longueur d’environ 8m50. Voici la capsule en image :

Bon, étant donné que l’objectif est quand même de faire circuler la capsule à plus de 1000 km/h, on y est pas encore mais ça avance, petit à petit. Néanmoins, selon plusieurs articles, l’horizon 2020/21 évoqué par les entreprises pour un déploiement commercial, apparaît ambitieux et difficilement envisageable. Il faudra encore pas mal de tests pour avancer à la fois sur la vitesse et surtout sur le nombre de kilomètres parcourus car, pour l’instant, on parle de tests plutôt sur des centaines de mètres…

Mais l’ambition est là et les promesses sont réellement intéressantes !

 

Quels impacts pour le secteur du tourisme ?

On en vient au cœur du sujet pour nous ! Comme dit plus haut, les promesses sont clairement là ! Le projet développé par HTT (Hyperloop Transportation Technologies) imagine un focus tout d’abord sur l’Europe centrale. C’est-à-dire que l’on peut imaginer des temps de trajet d’environ 15 minutes entre Vienne & Budapest (pour 250 km environ) pour des tarifs assez bas, de quoi concurrencer clairement tous les autres moyens de transport actuels comme le bus, le train, l’avion même low-cost et bien sûr la voiture personnelle. Si cela devient une réalité, cela pourrait très vite se déployer sur l’ensemble de l’Europe. Parmi les projets entendus, on parle de la liaison entre la Corse et la Sardaigne (qui a fait l’objet d’une place en demi-finale au dernier concours Hyperloop One Global Challenge) mais aussi de Tallinn (Estonie) à Helsinki (Finlande) en 8 minutes ou encore d’un plus long trajet entre Paris & Amsterdam en 30 minutes lancé par la société néerlandaise Hardt Global Mobility. Une sacrée concurrence pour Thalys et la SNCF… et étant donné les déboires que l’on a eu récemment en pleine période de départ de vacances à Montparnasse… Ca fait forcément rêver !

Donc oui, l’impact potentiel est assez énorme pour le secteur du tourisme car cela pourrait faire évoluer la mobilité nationale et surtout internationale donc touristique. Il est important à mon sens de surtout faire le lien avec les futures contraintes carbone par rapport au changement climatique. Ces dernières vont forcément peser fortement sur l’aérien dans les 15 prochaines années. A partir du moment où le système de propulsion préconisé par Hyperloop respecte bien les enjeux climatiques tout en proposant des tarifs assez abordables, ils se présenteront comme de sérieux concurrents à l’aérien et les premières destinations lancées sur des moyens de transports type Hyperloop seront forcément largement favorisés à la fois pour le côté révolutionnaire (LA chose à tester) et buzz mais aussi parce qu’elles anticiperont les futurs contraintes carbone qui seront forcément liés à une augmentation du prix pour le client final…

On va forcément vite en reparler sur le blog…

A bientôt,

Guillaume CROMER (Suivez moi sur Twitter)

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4 comments

  1. Piotr 10 August, 2017 at 16:29 Reply

    Il est clair que sur de courtes/moyennes distances, avec un système de checking rapide, si les “gares” sont proches des villes, cela serait une concurrence plus que sérieuse pour les avions. Moins de temps pour aller en gare, moins de temps pour passer les contrôles, récupérer ses bagages, tout bénéf…

    • Guillaume CROMER 10 August, 2017 at 16:47 Reply

      Salut Piotr, c’est clair que si le checking est rapide, ça va faire mal aux trains… D’ailleurs c’est peut-être pour ça que la SNCF a pris des parts à Hyperloop One non?

  2. Manuel Miroglio 12 September, 2017 at 19:21 Reply

    Projet visionnaire intéressant qui verra certainement le jour dans un futur proche mais qui necesitera de gros investissements en terme d’infrastructure. A court et moyen terme, il serait judicieux de parier sur les solutions de transports urbains électriques, tels les mini-bus (Cf. la Traverse dans certains quartiers de Paris) et bus de villes eléctriques développés par les entreprises BE Green ou BLUE SOLUTIONS en France et qui ont été adoptés par certaines grandes villes comme Paris et Rennes.
    http://www.la-croix.com/Economie/La-RATP-service-premier-Bluebus-electrique-Bollore-2016-05-30-1300763903
    http://www.autourdemontparnasse.fr/2013/10/31/la-traverse-brancion-commerce-le-nouveau-bus-electrique-du-15e/
    Evidemment il faudra attendre que les prix de vente de ces véhicules baissent pour les mettre a la portée des tour-opérateurs touristiques meme s’il existe des iniciatives existantes comme le Switzerland Explorer Tour, candidat au Prix Ulysse de l’Excellence et de l’Innovation de l’OMT http://cf.cdn.unwto.org/sites/all/files/docpdf/entswitzerland.pdf

    • Guillaume CROMER 15 September, 2017 at 09:56 Reply

      Oui, c’est sûr mais il y a une différence entre les transports urbains et les transports inter-urbains comme ce que propose Hyperloop One qui a plus pour vocation à concurrencer l’aérien low cost, le train ou les autocars.

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